La lombalgie

 

Tout d’abord, qu’est-ce que la lombalgie ?

 Introduction:

La lombalgie est un terme désignant une douleur située dans la zone lombaire (au niveau des vertèbres lombaires). Cette douleur peut descendre sur les fesses, l’arrière des cuisses et jusqu’à derrière les genoux.

C’est une affection très courante. Elle est généralement sans gravité, touchant environ 80 % des personnes dans les pays industrialisés. En France : « il est admis qu’une grande majorité des français ont souffert ou souffriront au cours de leur vie d’un mal de dos. 70% des personnes en âge de travailler ont été victimes au moins une fois dans leur vie d’un épisode de lombalgie, le tiers a dû arrêter son travail pour ce motif » d’après Jacques VANVELCENAHER dans l’ouvrage : Restauration Fonctionnelle du Rachis dans la lombalgie chronique.

Cette pathologie peut survenir à tout âge. Néanmoins elle a une prédominance à l’adolescence et vers l’âge de 45-50 ans.

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Voici quelques extraits tirés de l’ouvrage Restauration Fonctionnelle du rachis dans la lombalgie chronique écrit par Jacques VANVELCENAHER en 2003 :

« La lombalgie est responsable de 2,5% des prescriptions médicamenteuses en secteur libéral, 30% des prescriptions en rééducation fonctionnelle et 8% des actes infirmiers. Son coût est représenté également par l’estimation des coûts médicaux directs, chiffrés à 1,36 milliards d’Euro. »

« La lombalgie occasionne 110 000 accidents du travail justifiant un arrêt d’activité (soit 13% du nombre total des accidents du travail). Ces arrêts durent en moyenne 33 jours et représentent une perte de 3 600 000 journées. »

«La lombalgie figure au 3ème rang des affections motivant l’entrée en invalidité avec 2,4% des admissions annuelles »

« Aux Etats-Unis, elle se situe au 1er rang des invalidités chez les sujets de moins de 45ans et au 3ème rang au-delà de 45ans »   (« elle » = la lombalgie)

On distingue deux types de lombalgie : la lombalgie symptomatique et la lombalgie commune.

            Dans 10 à 15% des cas la lombalgie est de nature symptomatique, on parle de lombalgie symptomatique lorsque cette lombalgie est due à une pathologie ou maladie grave (tels que : cancer, infection, tumeur, fracture, malformation). C’est pour cela qu’il est important de consulter un médecin suite à :

  • une lombalgie survenue après un « traumatisme » (ex: une chute, un coup reçu dans le dos).
  • des douleurs dans la zone lombaire principalement la nuit (lors de l’immobilité du corps).
  • une lombalgie survenue après une « prise prolongée » de corticostéroïdes.
  • une lombalgie entrainant une faiblesse, un engourdissement, un fourmillement dans une ou deux jambes.
  • une lombalgie provoquant des problèmes intestinaux ou des problèmes urinaires.
  • une lombalgie amenant des douleurs thoraciques ou abdominales.
  • une lombalgie accompagnée d’une perte de poids, d’un amaigrissement ainsi que de fièvre inexpliquée.


 

 

 

I/ Les causes les plus fréquentes de lombalgies symptomatiques sont les pathologies suivantes :

  • Le tassement vertébral bénin:

Il s’agit d’une fracture rachidienne par tassement, elle touche surtout les femmes à partir de 50 ans (après la ménopause). L’ostéoporose en est la cause principale.

Chez l’homme, l’ostéoporose en est la cause majeure, survenant autour de 60 ans.

  • Les lombalgies tumorales:

la lombalgie tumorale est le plus souvent présent chez les personne de plus de 60 ans, sans antécédent et sans facteurs déclenchant de lombalgie et ayant des antécédents de cancers traités. Les douleurs présentes sont constantes et empêchent de dormir. Elles résistent aux traitements antalgiques. Exemple de cause possible : métastases osseuses, tumeur osseuse la plus fréquente chez l’adulte.

  • Les lombalgies d’origine inflammatoire :

Elles surviennent chez des sujets jeunes qui ont des antécédents familiaux (spondylarthrite ankylosante: Inflammation chronique des articulations, elle se manifeste par poussées douloureuses. Elle peut parfois évoluer vers un enraidissement des articulations touchées.). La douleur est nocturne.

  • Les lombalgies d’origine infectieuse :

Elles proviennent de l’atteinte d’une vertèbre ou d’un disque intervertébral par une bactérie (exemple: « Le mal de Pott », infection d’un disque intervertébral ou des corps vertébraux adjacents, due au bacille de la tuberculose »).

  • Les lombalgies vertébrales:

Une lombalgie vertébrale peut être causée par : Un cancer du sein, un anévrysme de l’aorte abdominale, un cancer du pancréas, une tumeur colique et autres.

            La lombalgie commune est le type de lombalgie le plus présent. Au sens du médecin il n’y à pas de problème « grave » de santé chez le patient (dans le sens où il n’y a pas de maladie spécifique à cette douleur). Dans ce cas la lombalgie sera due aux disques intervertébraux, vertèbres, muscles, ligaments, tendons et autres. Néanmoins « cette lombalgie peut être douloureuse, invalidante, et requiert l’intervention d’un médecin, voire une chirurgie spécifique » (www.lombalgie.fr). Le terme « commun » n’est pas à confondre avec « bénin » même si dans environ 9 cas sur 10 cette lombalgie commune est bénigne, « il est impossible au médecin de déterminer précisément l’origine de cette lombalgie. C’est pour cette raison qu’un médecin ne prescrira jamais, toujours dans le cas d’une lombalgie à situation non-spécifique, de radio, scanner ou encore un IRM ».


 

II/ Voici quelques causes de lombalgie :

·         Une lésion à un muscle, un tendon ou un ligament

Des ligaments, capsules et muscles permettent de relier les apophyses osseuses. Ils vont assurer la stabilité et le mouvement des deux vertèbres. Ces structures sont très sensibles. Ces éléments sont le plus souvent concernés par la douleur en cas de lombalgie. Elle peut survenir à la suite d’une surcharge physique, de l’accumulation de nombreux efforts (pouvant engendrer des microlésions) ou d’une mauvaise posture prolongée.

·         Une dégénérescence ou une hernie discale

Une hernie discale est une proéminence qui sort de l’anneau du disque intervertébral. Contrairement à la protrusion, elle ne « dépasse » que dans une seule direction. La hernie se constitue soit brutalement, soit progressivement. Le liquide du disque se crée un passage grâce à une fissure des anneaux circulaires de l’annulus. Ensuite ce liquide va progresser dans la périphérie du disque. Dans 20% des cas cette proéminence va venir comprimer le nerf sciatique déclenchant une douleur sur tout le trajet du nerf. Dans les 80% restant cette proéminence n’entre en conflit avec aucun nerf ou autre structure sensible. Par conséquent elle ne déclenchera pas de douleur.

·         Un « lien » gynécologique

En raison de règles douloureuses ou d’autres raisons gynécologiques, de nombreuses femmes développent périodiquement des lombalgies. L’origine des douleurs n’est donc pas la région lombaire, cependant cette douleur se propage sur la zone lombaire.

·         Le vieillissement

Le vieillissement de la colonne correspond à un lent processus naturel de dessèchement des disques intervertébraux. Ce vieillissement passe par trois phases successives : dysfonctionnement, instabilité et stabilité.

Phase 1 : Dysfonctionnement du segment mobile

Les disques intervertébraux vont commencer à se « dégonfler », provoquant l’apparition de fissures et de ruptures de « l’annulus » au travers duquel le noyau peut s’infiltrer et sortir. Durant cette phase une hernie discale peut se produire. La douleur apparaît si cette hernie vient au contact d’une structure sensible nerveuse (tel que le nerf sciatique), ou si elle crée un obstacle mécanique à la mobilité du disque en comprimant un ligament.

Phase 2 : Instabilité

Le disque continue à se « dégonfler », progressivement et naturellement. Ce « dégonflement » du disque modifie progressivement le bon fonctionnement du mouvement du segment mobile, laissant apparaître une instabilité et des « accrochages » sur les articulaires postérieures responsables d’un blocage des vertèbres appelées lumbago. Cela réalise à ce niveau de véritables entorses sur les ligaments situés sur ces articulations.

La réduction de hauteur du disque amène également des douleurs en position immobile prolongée et au changement de position après une position maintenue longtemps. Elles expliquent la mise en contrainte des surfaces articulaires lors des mouvements de redressement (en extension) de la colonne lombaire, ou en rotation et inclinaison sur le côté. Ces contraintes vont être réduites en enroulant la colonne lombaire, permettant de dégager les « butés articulaires postérieures ».

Stade 3 : Stabilité

Le disque a encore « dégonflé » et ses qualités hydrauliques n’existent plus (il est quasi-totalement « desséché »).

Les articulaires n’ont pratiquement plus de mobilité. Ce processus associe l’usure des surfaces articulaires et la fabrication d’ossifications cela peut se développer dans le canal lombaire et être responsables de douleur lorsqu’elles atteignent des nerfs descendant dans les membres inférieurs (tel qu’un nerf sciatique).

L’évolution se fait vers une progressive perte de toute mobilité (au niveau du dessèchement du disque) et peut laisser la place à un fond douloureux.

  • Sédentarité

Dans les années 50, la France était un pays rural où l’effort physique faisait partie du quotidien (exemple : les enfants allaient à pied à l’école; les métiers des années 50 demandaient plus d’effort physique que actuellement). Aujourd’hui, la voiture est le principal mode de déplacement. Dans la société actuelle les personnes ne « marche plus ». En caricaturant, la journée type d’un adulte est : « je me lève, je prends ma voiture pour aller au travail, je prends l’ascenseur pour aller dans mon bureau, je reste assis à mon bureau toute la journée et je prends la voiture pour rentrer chez moi ». Pour les enfants la télévision (environ 3 heures par jour), la mécanisation des tâches et le développement des activités intellectuelles ont fait diminuer l’effort physique. Il faudrait deux à trois heures de marche, de vélo, de bricolage, de petite manutention qui constituaient le quotidien des Français des années 50 pour lutter contre cette sédentarité. Cette sédentarité n’est pas sans conséquences sur la formation de lombalgie.

Diminution de la musculature

Les structures (tendons, ligaments, muscles) qui renforcent et préservent les articulations sont moins développées. Ces articulations supportent donc moins bien un effort important. La concentration de l’effort physique sur les structures fragilisées amène directement à la lombalgie.

La plupart des exercices physiques auxquels nous sommes confrontés sont de faible intensité et peuvent être effectués simplement par les muscles du haut du corps, même s’il faut pour cela  » forcer  » un peu sur sa colonne. Par conséquent, le bas du corps est peu sollicité et devient « inapte » à l’effort: articulations et muscles perdent en puissance et surtout en souplesse.

Surpoids

Le surpoids est en fort présent dans nos sociétés actuelles. Il n’est pas la cause directe de la lombalgie, mais accentue souvent les symptômes. Par exemple, une personne atteinte de lombalgie aura effectivement une douleur plus importante si elle a un surpoids de 10 kilos au niveau de l’abdomen. En effet ces 10 kilos exercent une traction sur sa colonne vertébrale, au niveau de la zone lombaire, alors que son corps n’a pas développé la masse musculaire et la puissance des articulations nécessaire à cet excès de poids.


 

 

III/ Personnes à risques de la lombalgie:

voici une liste des typologies des personnes susceptibles de développer une lombalgie.

  • Les personnes travaillant longtemps : dans la même position, en position assise ou en position debout.
  • Les personnes dont leur travaille demande des surcharges physiques telles que les manutentions lourdes, les gestes répétitifs (notamment en torsion du tronc), ainsi que les postures prolongées.
  • Les personnes qui doivent se pencher en avant de manière régulière ou effectuer des torsions latérales du tronc.
    • Les femmes enceintes
    • Les personnes ayant des antécédents familiaux de dégénérescence discale, d’arthrose ou d’ostéoporose.

 


 

 

 

IV/ Facteurs de risques de la lombalgie:

Voici une liste des facteurs de risques susceptibles d’être cause de lombalgie.

  • Le manque d’entraînement physique (sédentarité)
  • Le surentraînement sportif (surcharge physique)
  • Le surpoids (Calcul de l’IMC, surpoids = IMC > 25
  • Une mauvaise posture
  • Le port de chaussures à talons hauts (pour les femmes)
  • Le tabagisme (facteur de la sédentarité)
  • Le stress prolongé (car le stress augmente les tensions musculaires)
  • La dépression


 

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